#1 2016-06-19 20:17:04

lulublue
Colonel

Sur les traces de Salvérius à Soignies

J'en parle depuis que je suis arrivée sur le forum... Et voilà le début de mon enquête. Elle est toujours en cours, si vous avez des pistes, n'hésitez pas!

Introduction

Je me fais la réflexion à chaque fois que je passe devant le centre culturel de Soignies : On a plutôt de la chance, on a quand même eu quelques personnalités culturelles (ou politique, ou autres) douées et célèbres. D’abord on a le trouvère Gontier, mais bon, c’est ancien, ça date du moyen-âge. On a eu quelques bons peintres, comme Albert Delaunois. On n’a pas eu de chanteur, mais des chantres à foison, et l’un des pères de l’Europe, un certain Paul Van Zeeland. Magritte lui-même avait avoué avoir découvert sa vocation de peintre dans notre vieux cimetière…
Et en plus, on avait Louis Salvérius qui, à défaut de naître chez nous, s’y est installé et y est malheureusement mort. Alors, pourquoi, pourquoi avoir choisi un chanteur révolutionnaire Chilien pour donner son nom au centre culturel ? Sans vouloir dévaloriser Victor Jara, évidemment, mais ce n’est pas comme si on manquait de gens cool à honorer.


C’est en lisant un article dans une gazette locale, une semaine avant la Toussaint, l’an dernier, que j’ai appris que Salvérius était décédé chez nous, et probablement enterré. Le journaliste faisait le tour des cimetières de la région et y listait les tombes remarquables, et il se désolait de n’avoir pu trouver Salvé…

Eh, mais, une minute ? Je suis née à Soignies. « Les Tuniques Bleues » est sans doute l’une des BD fétiches de mon enfance. Comment n’ai-je pas été au courant auparavant ? Personne ne me l’a jamais dit, ni bibliothécaire, ni libraire, ni même enseignant. C’était quand même un motif de fierté, non ? Surtout que les articles, à l'époques, affirmaient qu'il était carrément né chez nous. (Le wikipédia de la commune y croit encore)

Eh, mais, deux minutes. Comment ça, les tombes ça ne disparait quand même pas, pouf ? (huuum en fait si. Ça fait deux ans que la tombe de mon grand-père a disparu comme ça, pouf. Mais il est mort un peu moins de 10 ans avant Salvérius.)


Je ruminais ça jusqu’à ce que Cauvin vienne en dédicace à Soignies et que je n’ose décidément pas lui poser l’épineuse question – et même, quelle question lui poser ? « Comment ça se fait qu’ici, tout le monde a oublié votre ami Louis ? Au fait, il est enterré ou ? »

C’est à ce moment-là que je me décidais à commencer mon enquête, qui fut plus difficile que prévue et se débloqua lorsque je me décidais enfin à acheter le tome 1 de l’intégrale après avoir gagné ici le tome 2.
Voici cette enquête. Ce n’est pas du grand journalisme, mais j’ai tenté de faire de mon mieux pour retrouver les traces et qu’à laissé Louis Salvérius à Soignies, dans l’espoir un peu sot que sont souvenir soit un peu plus honoré localement… Cette enquête est toujours en cours.



Partie 1. « Morbide ? Moi ? »

J’ai du inquiéter pas mal de gens au début. J’étais au chômage depuis deux mois, et voilà que je hantais les cimetières. M’enfin !

A défaut de trouver un Pierre Tombal pour m’aiguiller (l’accueil n’était qu’ouvert que le premier vendredi du mois, seulement le matin… Evidemment, j’avais un entretiens d’embauche à chaque fois), j’ai commencé à fouiner.
A noter : il y a deux cimetières à Soignies, mais le « Vieux » n’accueille plus de macchabés depuis la fin du 19ème. C’est un joli parc avec un musée archéologique qui n’est ouvert que… Euh… j’imagine qu’il est parfois ouvert puisque je l’ai un jour visité. (Y’a une dent de mammouth exposée)

Le Vieux Cimetière
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Une date de décès : 1972, un 22 mai. Le fait est que mon arrière-grand-mère est décédée en 72 également, j’ai donc commencé de son côté. C’était à une petite dizaine de mètre du carré des années 60, ou mon grand-père reposait encore 2 ans plus tôt. Une pelouse en friche a remplacé les tombes. Cela me ferait moins mal au cœur si au moins ils l’entretenaient ou y plantaient un pré fleuri…

Donc j’ai fait le tour, de 1970 à 1974. Et… Rien. Quand je dis rien, je veux dire, rien dans les tombes nommées. Entre une tombe sur trois/une tombe sur deux soit sont munie d’une pierre avec inscription illisible (j’en ai quand même déchiffré quelques unes grâce à une lampe de poche), d’une pierre sans inscription ou carrément pas de pierre du tout, sans croix avec un nom ou petite plaque. Rien. Y’en a une qui a un arbre qui lui pousse dessus, ce qui est encore le moins pire.
(Et dire que je trouvais mon papy mal lotit avec sa tombe en béton fendu en deux…)

J’avais du temps, j’ai fait 4 fois le tour, des jours différents.


Un jour j’en ai eu un peu marre, et j’ai été voir mon ancien instit’, dans la nouvelle partie du cimetière. Et en traversant un carré, j’ai retrouvé… Les tombes allemandes. Pour vous expliquer : On avait fait une visite du cimetière au collège, et mon prof nous avait montré 7 croix sans noms, en béton, et nous avait raconté qu’il s’agissait de 7 soldats allemands.

Il y a aussi des tombes de soldats du Commonwealth :
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J’ai voulu les montrer à mes parents, et je ne les ai jamais retrouvées. Ce fichu cimetière est un labyrinthe sans fin. Alors, je voyais ces tombes des années 40 côtoyant une tombe des années 2000, dans un carré à majorité dédiée aux années 80. J’en ai déduit que je n’étais pas prête à trouver Salvé sans l’aide de qui que ce soit, si les tombes étaient à ce point mélangée, et j’ai abandonné momentanément, jusqu’à ce que j’ai un premier vendredi du mois de libre.

Vue satellite du cimetière, histoire de vous faire comprendre la complexité de la recherche : tumblr_o915crYKBp1rguncoo1_1280.jpg



Partie 2 : « Heureusement, j’ai les intégrales ! »

C’est par là que je m’y suis remise. L’intégrale Salvérius/Cauvin possède un très long et foisonnant dossier, qui m’a redonné envie de replonger dans mon enquête. Merci Fred et Raoul pour le concours qui m’a permis de gagner le tome 2, au passage.

Voilà ce qu’on y apprend sur la vie de Louis Salvérius à Soignies
-Il s’y installe avec son épouse dans une petite maison.
-Sa deuxième fille y naît.
-Il y trouve un travail annexe de concierge dans une « banque, rue de la Station ».
-Il y apprécie la vie tranquille.
-Il y prend le train tous les jours pour Bruxelles à une certaine époque de sa vie.
-Il y meurt.
-La cérémonie de son enterrement a lieu dans « une petite église de Soignies »
-La bande de ses amis se réunissent après la cérémonie dans une brasserie. (Probablement à Soignies)

Au passage, rien n’y prouve qu’il est bel et bien enterré à Soignies, mais j’imagine que si la cérémonie religieuse s’y passe…



Voyons déjà le plus facile : La banque. Il n’y a jamais eu qu’une banque à la rue de la Station (j’ai vérifié dans les 400 cartes postales anciennes de Soignies que possèdes mon père), et c’est la Banque Nationale de Belgique.
Il s’agit d’un très grand bâtiment, juste à côté de l’hôtel Modern (qui est connu pour être un authentique bâtiment Horta. Il est à vendre si ça vous dit). Actuellement, ce bâtiment est divisé, il était immense. Pas improbable qu’ils aient engagés un concierge, donc.

Vous pouvez voir, sur la photo (que j’ai été prendre moi-même, les autres sont issues d’internet), le fronton de la banque (plus bas en hauteur) flanqué des deux parties du bâtiment.
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Ensuite… L’église ou a eu lieu la cérémonie religieuse. Il y a trois églises en activité à Soignies dans les années 70 : La collégiale Saint-Vincent, qu’on peut qualifier de tout sauf petite, l’église des carrières et l’église des franciscaines. On peut avoir un doute sur l’église des Carmes qui est désaffectée depuis « la fin des années 60 », ce qui est flou. En plus, elle est plutôt grande.

La collégiale Saint-Vincent
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L’église des carrières
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L’église des franciscaine
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L’église des carmes
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Anecdote… L’église des Carmes, devenue salle de réception attenant à l’école « La Source », a accueilli les premières éditions du festival Cap’ Bulles avant qu’il ne soit déplacé. Cauvin y participe depuis la première édition.
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Mon intuition penche pour l’église des franciscaine, pour une unique raison : elle est 100 mètre plus bas que la banque, dans la rue de la Station. Evidemment, selon les critères des personnes présentes, la collégiale pouvait également être petite…



Finalement, la brasserie… Non, il y a trop de brasserie à Soignies, et j’ai trop peu de cartes postales et documentations des années 70 pour les recenser tous. On va oublier la brasserie.



La gare ou Salvé va prendre son train, c’est pas compliqué, y’en a qu’une, et vous savez quoi ? Elle est 50 mètres plus haut que la banque, dans la rue de la… Station.
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Pour vous donner une idée, vous pouvez voir sur cette capture d’écran la gare (à gauche), la banque nationale (au milieu) et l’église franciscaine (à droite)
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Pour la naissance de sa fille, il est probable que ce soit passé à la clinique Saint-Vincent. Elle est au bout de la rue qui croise la rue de la Station à la hauteur de l’hôtel Modern. Elle était déjà en activité à l'époque, puisque ma mère y est née en 59 (au passage, j'y suis née aussi, en 91). A l'époque, à moins de naître chez soi, c'était la seule alternative, l'hopital (en face du cimetière) ne proposant pas de maternité.



Partie 3 : « Et tu crois que tu vas trouver sa maison avec une minuscule photo ? »

Eh bien, n’en déplaise à mon compagnon qui se moque gentiment de mon enquête, j’espère bien.
Heureusement il s'est rattrapé en me suggérant d'explorer sur google map au lieu de courir partout dans Soignies.

Voilà la photo, trouvée dans le tome 1 de l’intégrale :
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Pardon pour la qualité.
Voyons ce qu’on a : Une petite maison. Il n’y a pas beaucoup de maison sans étage à Soignies. Ensuite, juste à côté, il y a un bâtiment en retrait. Pour finir, on a une frise en brique au dessus de la porte.
L’intuition me porte à croire qu’elle se trouve dans un quartier proche de la gare.
La crainte me fait penser qu’elle a peut-être disparu.






A bientôt pour la suite de l’enquête !

Vous découvrirez si j’ai trouvé la maison, et j’irais harceler… hum, interviewer mon parrain qui n’a qu’un an de plus que Salvérius et qui l’a peut-être connus (en plus, ils prenaient probablement le même train), ainsi qu’une artiste sonégienne qui est, bizarrement, fan des amérindiens. Deux fous d'indiens ça fait beaucoup pour une ville comme la notre, je soupçonne une corrélation.

Dernière modification par lulublue (2016-06-19 20:27:03)

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#2 2016-06-20 14:01:23

Fred
Administrateur

Re : Sur les traces de Salvérius à Soignies

Génial  et sympathique recherche qui nous fait nous balader dans Soignies.

As-tu tout simplement été demandé à la mairie de Soignies, pour savoir ce qu'il avait sur Salvé ?

Veux-tu que je pose des questions à Raoul ? (où est-il enterré, par exemple ?)

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#3 2016-06-20 17:50:03

lulublue
Colonel

Re : Sur les traces de Salvérius à Soignies

Les dossiers tel que les actes de naissances, de décès, mariage, etc... ne sont disponible qu'en prouvant un lien de parenté à la commune. Elles sont rendues publiques 70 ans après le décès. (Ça fait loin)
J'avais songé au cadastre, mais il faut l'adresse de la maison.

Pour Raoul... j'hésite. Cela me faciliterait la tâche mais je craint de lui faire de la peine avec ça.

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#4 2016-06-20 23:19:54

Fred
Administrateur

Re : Sur les traces de Salvérius à Soignies

Pour la marie ce que je voulais dire, c'est de demander ce qu'ils savent de Salvérius. TU ne vas pas me dire q'à la mairie, il n'y ait pas quelqu'un capable de te renseigner sans faire appel à des actes. Quand tu as une célébrité enterré dans le cimetière de ta ville, la mairie est au courant.
Sinon ne France dans les mairies il y a des registres décès qui sont consultables par années de décès, ce n'est pas identique en Belgique ?

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#5 2016-06-21 18:58:41

lulublue
Colonel

Re : Sur les traces de Salvérius à Soignies

Disons que les employés communaux que j'ai rencontré n'étaient pas très coopératif, ça m'a refroidit. C'est eux qui m'ont envoyé balader pour les registres.
J'ai quand même encore une carte inexploitée: je fait partie du cercle archéologique et, grâce à cela, j'ai accès aux différents journaux locaux dans les locaux du cercle.

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#6 2016-06-21 22:44:58

Higgins
Colonel

Re : Sur les traces de Salvérius à Soignies

Super enquête, Lulublue, qui donne envie de connaître la suite. J'espère que tu trouveras la maison de Salvérius dans un premier temps puis sa tombe. Bonne chance!

En regardant la page wiki de Soignies, je vois que c'est aussi la ville natale d'un autre auteur de BD: Sirius (le père entre autres de Timour).

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